A l"époque où j'ai fait mes études, la première année de licence actuelle, ne s'appelait pas ainsi, car c'était avant la réfome LMD (réforme européenne ne comprenant plus que 3 diplômes à BAC +3 (licence), BAC + 5 (Master) et BAC + 8 (Doctorat).
On l'appelait première année de premier cycle universitaire, le second cycle comprenant la troisième année ou année de licence et l'année de maîtrise.
Avec les 8 heures de CM (Cours Magistraux) et 3 heures de TD (Travaux Dirigés) que nous avons eu la première année, ce qui comparativement aux horaires actuels l'université est peu, j'ai redoublé ma première année, perdant ainsi l'année d'avance que j'avais depuis ma plus tendre enfance et avec laquelle j'avais réussi le bac avec mention. Mais qu'était-ce perdre son année d'avance à ce niveau? C'est donc à l'âge d'à peine 17 ans, après avoir eu 16 ans durant presque toute mon année de Terminale, que j'entrais à l'université, Bac littéraire, option maths (option de 3 heures par semaine) et LV2, et mention en poche. C'était un bac assez complet qui n'existe plus actuellement.
L'année d'avance se détermine ainsi, normalement le bac se passe à 18 ans dans l'année civile de la session du baccalauréat; Un élève "à l'âge normal" a 18 ans entre le mois de janvier et le mois de décembre de son bac.
J'avais eu 17 ans dans l'année civile de mon bac, je les ai eu juste avant de le passer ou presque.
En classe l'allemand était ma LV2, j'avais fait 7 ans d'anglais et 5 ans d'allemand, plus du latin en collège, depuis la sixième.
Cependant, n'ayant pas continué le latin en second cycle secondaire, j'avais eu des heures d'allemand renforcé avec une assistante, en seconde et en première, si bien que j'avais bénéficié d'un horaire de 5 heures par semaine d'allemand dans ces deux classes.
J'avais fait mon premier séjour en Allemagne durant les vacances de ¨Pâques de l'année du bac, et cela avait bien remonté mon niveau. Déjà en Terminale, je comprenais tout ce que les allemands disaient, ayant durant ma scolarité appris l'allemand selon la méthose dite traditionnelle, une méthode qui nous faisait apprendre beaucoup de vocabulaire et faire beaucoup de traduction.
Le jour de la rentrée, on nous a divisé en 10 groupes. Comme nous étions 400 étudiants en première année, cela faisait 10 groupes de 40 étudiants pour les TD.
On faisait un test pour nous metre en groupes de niveau, je fus mise dans le 5ème groupe, ce qui pour une LV2 de lycée n'était pas mal, puisque les 3/4 des autres étaient des LV1 de lycée, dont certains avaient eu leur bac avec mentionTB.
Beaucoup de ces 400 étudiants avaient abandonné leurs études d'allemand en cours d'année, si bien que nous n'étions plus qu'environ 200 en fin d'année, et que seule une petite partie montèrent d'année, puiqu'en deuxième année il y avait 120 étudiants avec les redoublants. On pouvait donc calculer qu'environ 60 étudiants sur 400 réussissaient leur première année d'allemand.
On n'avait que 3 années pour faire les 2 années de DUEL (ancien nom du DEUG littéraire), si bien que qu'en on ne réussissait pas du premier coup sa première année, on stressait énormément pour les deux années suivantes ce qui fut mon cas. Et on n'avait pas le droit de tripler l'une des deux premières années, de plus on ne pouvait redoubler qu'une seule fois sur les deux ans.
L'examen était consitué d'un écrit que l'on devait réussir pour avoir le droit de passer l'oral : l'écrit c'était Thème et Version, c'est tout, alors il fallait être bon en traduction, ce qui est encore mon cas aujourd'hui. Sans la moyenne en traduction, point de salut.
Lors de ma première année du premier cycle râtée, en 1968-1969, j'ai du avoir environ 9 ou 9,5 à ces deux traductions aux deux sessions, ce qui m'a valu d'être recalée. Mon option était l'anglais, pour lequel nous avions eu des cours de version pendant environ deux mois en fin d'année, mais on ne le passait que si on réussissait l'écrit d'allemand (j'ai pris le néerlandais en option lors de mon redoublement, ce qui m'a permis de mettre une langue supplémentaire sur mon tableau de bord et d'obtenir deux bonnes mentions en première et deuxième année). On devait pratiquer le sport de façon obligatoire en première année avec des cross obligatoires en forêt une fois par mois et une disipline au choix. J'avais choisi la natation que j'ai continuée à pratiquer en sport universitaire jusqu'à mon premier passage du CAPES.
Lors de ma première première année, je faisais donc tout ceci :
Allemand
Grammaire vue d'une façon linguistique (on parlait de présent et de passé du non-accompli et de l'accompli et des déclinaisons sous forme de suites significatives et on avait un bon fascicule de phonétique à se mettre sous la dent).
Traduction que l'on faisait en TD avec des devoirs à rendre si on le désirait toutes les semaines : thème et version.
Civilisation
2 questions assez volumineuses à se mettre sous la dent :
- Toute l'histoire allemande des origines à 1945 (CM).
- L'Allemagne depuis 1945 jusqu'en 1968 donc...puisqu'on était en 68. (CM + TD)
Ce qui revenait au même que "toute l'histoire allemande"...
Dans le TD, on voyait plutôt des questions modernes de société actuelle et les institutions allemandes de RFA et de RDA, avec l'étude des constitutions et des constitutions des Länder.
En littérature les livres à lire étaient Kafka, das Urteil et der Prozess, Böll, Ansichten eines Clowns et Dürrenmatt : die Panne.
Plus le sport : Cross et natation que je faisais le lundi matin.
Lors de mon redoublement en 1969-1970, j'ai eu à peu près le même programme avec de légères différences, et le néerlandais en plus. C'est en novembre 1969 que j'ai renconté celui qui est encore mon mari actuel, je travaillais avec une copine qui m'avait été confiée par ma mère etsa mère parce que 'j'avais déjà fait un an" et que je pouvais l'aider. Nous avons formé une équipe de travail jusqu'en licence (3ème année actuelle) et l'avons quittée en entrant en CAPES puisqu'elle n'avait pas eu sa licence complètement. Avec nous, elle n'a pas redoublé avant la troisième année, elle a eu sa licence un an après nous. Il y avait une chose curieuse avec cette copine, c'est qu'elle n'avait jamais été en Allemagne, mais prononçait quand même bien. C'est vrai qu'à l'époque, certains étudiants réussissaient leurs études d'allemand sans jamais aller en Allemagne.
Ce n'était pas mon cas, puisque j'allais une fois par an pendant deux ou trois semaines chez ma correspondante, ni celui de mon futur qui avait passé 18 ans en Allemagne.
Le programme de cette deuxième première année
Grammaire (comme précédemment, sauf que nous étions passé d'un professeur homme à un professeur femme.)
Thème et Version, comme précédemment.
Littérature : On avait gardé Böll : Ansichten eines Clowns, mais on avait en plus en histoire des idée : Karl Jaspers : Wohin treibt die Bundesrepublik? Un livre écrit juste après la promulgation des Notstandsgesetze (lois d'urgence).
Le programme de civilisation était le même que l'année précédents.
En néerlandais, nous apprenions les bases avec l'histoire de Laarmans, le représentant hollandais en fromages. Le cours était tout en néerlandais et je réussissais à bien comprendre ce que disait le prof grâce à l'allemand. Malgré la dénomination "Débutant " qu'avait le cours, certains étaient néerlandophones. En plus de la méthode, on étudait aussi des poèmes et la civilisation.
Pour le sport obligatoire, je faisais toujours cross obligatoire et natation.
Examen :
Cette année là, il fallait réussir l'écrit de traduction (thème et version), pour passer l'oral des 3 UV bloquées d'allemand. A l'oral d'allemand on passait trois épreuves séparées de litérature, civislisation et grammaire; en grammaire je sais que j'avais bien réussi, le prof m'a annoncé la note de 13/20) j'ai eu mention AB aux 3 UV d'allemand, on n"obtenait pas ses notes quand on réussissait un examen, mais on pouvait s'en faire une idée grâce à la mention.
Trois UV "bloquées", cela voulait dire qu'elles se passaient en même temps, on les rataient ou on les réussissait, mais on ne pouvait les passer séparément. Elles faisaient l'objet d'une mention globale.
Le néerlandais se passait normalement (il fallait ausi réussir l'écrit pour passer l'oral ) en deux étapes, des traductions à l'écrit et un enretien sur une texte que le professeur nous fournissait juste avant le passage. J'ai obtenu la mention bien à l'option néerlandais de première année.
A bientôt pour vous raconter ma deuxième année.
Avec le néerlandais j'avais eu pour cette deuxième première année, trois journées de cours par semaine, puisque les cours de néerlandais avaient lieu le lundi après-midi et j'utilisais mon lundi matin pour le sport universitaire, car j'allais à la piscine universitaire où je suivais un véritable entraînement en quatre nages, brasse, dos, crawl et papillon. Et je mettais ce que j'avais appris en pratique le mardi et le vendredi matin dans la piscine de la ville où habitait mes parents, à 11 km de là. Je n'avais pas de chambre d'étudiante, car j'habitais suffisamment près de l'université pour ne pas en avoir. Les cours se déroulaient à la fois sur le campus scientifique dans des préfabriqués voués aux deux premières années des littéraires et dans la capitale régionale pour le néerlandais au quatrième étage de la veille fac de lettres.
dominique

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