dimanche, avril 13, 2008

Ce CV n'rest pas fini, bien entendu!

Séjours en Allemagne

Je détaillerai dans le prochain article mes séjours en Allemagne et en Autriche. A cette époque, il y avait deux Allemagne, et j'allais dans les deux, cachant aux amis de l'Ouest que j'allais aussi à l'Est.
La famille de mon époux habitait en partie à Sarrebrück et en partie en Lorrainne près de Sarrebrück, mais même en étant dans cette ville frontalière, nous passions la frontière un jour sur deux, ce qui me faisait passer par an beaucoup de temps en Allemagne, surtout si j'y ajoute les échanges scolaires. J'avais donc quatre points de chute en Allemagne : Sarrebrück, Münster la ville de ma correspondante en Westphalie, et une petite ville entre la Westphalie et la Basse-Saxe pour le jumelage. En RDA, on allait tous les ans, voir plusieurs fois par an, à Erfurt et chez des amis de notre âge que l'on s'était fait là-bas, à Apolda. Nous allions aussi en Autriche, pour les grandes vacances faire de la randonnée pédestre et explorer des régions où l'on trouvait rarement des français comme la Carinthie. On a fait aussi les 2/3 du tour pédestre de la Sarre à pied. On gagnait des épingles de randonnées de bronze, d'argent et d'or. Dont j'ai fait la liste dans un blog perso. On dormait chez des amis, on campait souvent dans une petite canadienne, il faisait froid la nuit en montagne en août, on avait de la neige en Autriche à 1400 mètres d'altitude. On a traversé la Suisse germanique (en voiture), je suis allée au Tessin et à Fribourg de Suisse, voir une amie. Et tout ceci avec parfois des stages de musique folk en juillet.
Bref, on avait l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche dans notre poche, comme disait un livre de l'époque.
Avec mon époux, on parlait allemand... dans les pays germaphones.

1982-1983 (disponibilité pour convenances personnelles).

Qu'ai-je fait en 1982-1983. Pour la première fois j'avais passé l'agrégation (mais contrairement au x années suivantes, je ne l'avais cette fois pas préparée). J'ai fait de l'allemand commercial et appris la dactylo. J'ai fait de la musique, mon petit bonhomme de chemin dans une école municipale où je faisais de la guitare, du chant et du solfège. J'ai du faire aussi un an de flûte à bec, mais ce n'était pas cette année-là.
A l'agrégation, j'ai eu en dissertation allemande avec une introduction seulement la note de 01/20 (je n'avais lu que 70 page d'un livre de 600 pages!). L'année dernière après avoir bien lu l'oeuvre et été au cours toute l'année, j'ai eu la même note! Avec une dissertation de quatre ou cinq copies! Les exigences ne sont plus les mêmes. En version j'ai eu la même note pendant 10 ans, cette fois là, j'ai du avoir 07/20, plus tard, j'ai eu 9/20 (jusqu'à 12/20 en traduction à l'interne.) En thème j'avais moins, mais c'est la matière où j'ai monté et progrssé régulièrement. Il faut dire au gens qui ne connaissent pas l'agrégation d'allemand qu'on est admissible avec environ 5/20 et admis avec environ 6,5 à 7/20 selon les années. Pour l'interne, c'est plus.
Si j'avais travaillé que l'agrèg cette année-là. Il y avait encore beaucoup de candidats, en allemand dans mon académie, on était une salle de sport pleine. Mon nom de jeune fille commence par V et à coté de moi était assise une collègue allemande dont j'ai fait la connaissance par la suite et dont le nom commence par S. Alors, imaginez le monde qu'il y avait! Je n'ai repassé l'agrégation que six ans plus tard.
dominique

1981-1982

En 1981-1982, je suis tombée malade fin janvier.

Comme je m'occupais quasiment entièrement du jumelage avec l'Allemagne depuis 4 années (ma collègue ne faisait que ramasser les papiers que je lui demandais dans ses classes et accompagnait une fois sur deux, l'année précédente elle s'était mise en congé maladie pendant le voyage parce qu'elle avait une "bronchite", elle faisait semblant de tousser en arrivant chez les collègues pour faire la fête le soir, les allemands l'avait remarqué. On était en Mars et mon affection saisonière était plus forte que la sienne. J'avais une forte quinte de toux à chaque fois que je sortais dans le froid hivernal de l'Allemagne.

La journée, elle n'était pas là. Officiellement, elle était malade, mais en réalité, elle rendait visite à son ex-mari, allemand, qui habitait dans la région, car elle venait de divorcer pour régler les histoires des enfants.

Sa fille était du voyage, elle avait 10 ans et était en sixième. Elle restait avec moi, car elle préférait rester avec moi plutôt que de suivre sa mère.

Cela c'était en 1980-1981.

Mon père était à l'agonie, mais personne dans le collège ne le savait, je séparais la vie professionnelle de la vie familiale.

Il est mort en juin 1981. Certains ont expliqué ma maladie par là. Mais c'était plus compliqué et professionnel.

En 1981-1982 tout allait pour le mieux avec les élèves. Mais j'avais délégué le jumelage à ma collègue, et celle-ci me disait, bien que je faisais comme elle avait fait les quatre années précédentes, en se vantant auprès des parents d'être celle qui faisait le jumelage, je relevais les papiers dans mes classes.

Elle commença à me faire des reproches (on ne lui en avait jamais fait les quatre années précédentes, mais elle avait une excuse : ses enfants! Pourtant, enfants ou pas, l'horaire est l'horaire, et pourquoi en faire moins si on a des enfants.

Quand on devient prof, on sait qu'on entre en sacerdoce. Si on fait des enfants, on sait que l'on fera mal son travail. Alors certains couples de profs décident de ne pas avoir d'enfants pour se consacrer à leurs élèves. C'était nous. Théoriquement, quand on devenait prof comme on entre en sacerdoce, c'était pour la vie puisqu'on est fonctionnaire. Donc, le choix de ne pas avoir d'enfants était fait pour la vie.

Bon, bref, ma collègue trouvait que comme je lui avait délégué le jumelage après l'avoir fait depuis quatre ans "je ne f... rien!"

On avait eu un changement de principal deux ans avant, le premier principal était bien, pour le deuxième, j'ai ouïe dire par une élève que ma collègue était allée le voir dès le jour de la pré-rentrée pour se plaindre de moi, et que soi-disant je choisissais les meilleures classes (c'était un autre collègue qui avait les 4ème et 3ème LV1), ils étaient tous les deux PEGC et j'étais certifiée et la dame était jalouse de mon CAPES. Et j'en souffrais.

Mon collègue était trop vieux pour s'occuper des jumelages. Comme c'était un ancien instituteur, il avait eu contrairement à nous qui ne pouvons prendre notre retraite qu'à partir de 50 ans, sa retraite à 55 ans, six ou sept ans plus tard. Ce qui veut dire qu'à l'époque, il avait 47-48 ans et se trouvait trop vieux pour s'occuper de jumelages. A cette âge là, il y a dix ans, je me suis encore occupée de jumelages scolaires.

La collègue n'avait fait qu'une année universitaire, puis elle était partie à l'aventure. C'était son choix. Elle nous racontait qu'elle avait vécu en Tunisie chez les nomades où elle était toujours bien accueillie. Puis elle avait rencontré un marin allemand, et est partie vivre avec lui 2 ans à Hambourg où elle a eu sa première fille et peut-être la deuxième, puis elle a passé le concours de PEGC, s'était achetée une maison avec son mari marin qui est devenu ouvrier dans la ville de ses parents après avoir réussi le concours de PEGC lettres-allemand, elle a eu sa troisième fille en France, puis elles a divorcé et retournait voir son ex-mari en Allemagne lors des jumelages...
Donc, mon collègue était un ancien instituteur devenu PEGC qui devait avoir en allemand le niveau du bac, et ma collègue n'avait fait que un an d'études universitaires avant d'avoir son concours. J'avais un licence, un C2 de linguistique allemande avec mention Bien et le CAPES que j'ai réussi à 25 ans après avoir travaillé trois ans comme auxiliaire. Donc, cela me faisait environ 6 ans d'études universitaires en allemand. J'aurais pu aussi partir à l'aventure, avoir 3 enfants (finalement quand j'ai eu mon CAPES, j'étais mariée depuis deux ans), et dire à mes collègues : "mes enfants m'empêchent de travailler", pourquoi pas? C'est un choix qu'elle avait fait et elle devait l'assumer sans se plaindre.
En janvier, devant l'animosité constante de ma collègue, je suis tombée malade. Et comme je ne voulais pas être payée "à ne rien faire", j'ai pris une disponibilité l'année suivante (1982-1983) avant de reprendre dans un autre collège. Ce serait impossible maintenant de prendre une disponibilité, vu les temps qui courent : cherté de la vie, impôts à payer sur deux salaires de vieux profs, etc... Mais en ce temps-là, la vie était moins chère. (Mon époux gagne moins que moi).
Je dois dire que je n'habitais qu'à quatre kilomètres du collège et que les collègues avaient pris trop de place de ma vie. J'avais un tout petit appartement que je partageais avec mon mari et les collègues débarquaient à tout heure du jour et même de la nuit. Pas pour s'amuser, mais pour parler, pour se confier, j'étais devenue la psy des profs du collège. Comme j'étais un mur et que je ne divulguais rien (comme j'étais nouvelle dans la région , je veux dire que j'étais d'un autre coin de la région, je ne connaissais pas les gens dont ils me parlaient, pas plus que les objets de leurs chagrins d'amour), on se confait à moi. Même des jeunes parents d'élèves m'avaient prise comme amie et j'étais aussi leur confidente. J'assumais tout, leurs délires, leurs chagrins, leurs morts (et il y en eu beaucoup, cancers, intoxications par l'oxyde de carbone, je perdis ainsi une amie mère d'élève en même temps que l'une de ses filles...), et la mort de mon père, tandis que ma mère se plaignait et se plaignit après la mort de mon père, que je n'étais pas assez souvent là...
Mis à part cette collègue qui m'avait prise en grippe, on ne pouvait me taxer de "mauvaises relations avec les autres", au contraire!
J'ai fait récemment des tests de développement personnel, il paraît que j'aurais du être psychologue ou psychiatre, mais prof de collège et de langue était aussi dans mes cordes. Toutes ces personnes qui m'avaient prise comme confidente étaient plus âgée que moi. J'avais 25 ans et elles avaient entre 31 et 38 ans.
Le médecin m'a mise brutalement en congé en février 1982, à l'époque, j'ai assumé le congé. Ce n'était pas la même chose, je ne passais pas l'agrégation. Je ne savais pas que j'étais assez bonne pour le faire. J'aurais dû.
J'avais repris des cours en école de musique en tant qu'élève en 1978, je pensais que peut-être j'aurais pu devenir prof de guitare ou chanteuse. Mais je n'avais encore le niveau pour le faire, maintenant je n'ai plus l'âge.
Au bout d'un an j'ai repris comme prof d'allemand dans un collège (1983-1984), en ville, avec une population plus défavorisée encore.
dominique

2007/2008 (TZR)

Cette année rien, une vulgaire histoire de paperboard m'a opposée à ma principale en Mai de l'année dernière. Encore un agent de service a pris la mouche, cette fois-ci un ouvrier.
J'ai fini l'année en juin. Fin juin, j'ai aidé pour le jumelage du primaire. J'ai fait l'interprète pour des excursions des petits allemands.
Cette année pas de remplacements jusqu'ici Avril. Ma principale m'a proprement mise dehors en septembre, je n'allais pas faire 70 kilomètres AR tous les jours pour aller pointer en salle des profs dans mon collège de rattachement, m'a-t-elle dit.
J'en profite pour préparer pour la ènième fois l'agrégation. A presque 57 ans. Quelle piètre fin de carrière pour une ancienne jury de BTS...
Mais enfin, je m'instruis beaucoup et j'ai de super profs. Je deviens peu à peu incollable en traduction et en linguistique. Le reste, c'est un nouveau programme chaque année, on peut utiliser la culture allemande que donne quinze préparations d'agrégation, mais il paraît que l'agrégation ne serait plus un examen d'érudition, comme à l'époque où l'on a fait ses études.
dominique