mercredi, juillet 09, 2008

Séjours en Allemagne (1)

Je ne mets ici que le détail de séjours qui ont fait l'objet d'un voyage d'au moins quelques jours.
Je ne mets que les séjours concernant des années déjà décrites dans le blog.
1956 : je vois pour la première fois l'Allemagne de l'autre rive du Rhin. Nous sommes à Neuf-Brisach, en Alsace, et on voit Alt-Breisach ou le vieux Brisach en face.
Pour aller en Allemagne, même de l'Ouest, il fallait encore un passeport.
Mon père nous explique que nous devrions être inscrit sur son passeport, comme nous ne le sommes pas encore, on regarde l'Allemagne de loin mais on n'y va pas.
1964 : sur le chemin du retour des vacances, on passe par l'Alsace. Pendant les quelques jours de séjour, on visite rapidement en face, Freiburg im Breisgau, le Feldberg, le plus haut sommet de la Forêt-Noire, le Titisee et Hirschsprung dans la vallée. Je n'ai fait qu'un an d'allemand, et je rêve des coiffes à pompons rouges, des chalets avec des toits de chaumes qui descendent jusqu'à la moitié de la maison, des forêts de sapin, de légendes, de fontaines enchantées.... Au Titisee, j'entends les gens parler allemand, et je ne comprends que Ja et Nein et quelques formules de politesse.
1967 : l'assistante allemande qui nous donne les cours d'allemand renforcé me donne une correspondante. Nous nous écrivons, puis ma correspondante vient passer 15 jours chez nous en été, elle veut être prof d'allemand et de français (ce qu'elle réalisera), et comme je veux être prof d'allemand, ça tombe bien! Notre tactique est la suivante, je lui écris toujours en allemand, elle m'écrit toujours en français, je corrige ses fautes à la fin de ma lettre, et elle corrige mes fautes à la fin de sa lettre. En France, nous ne parlons que français. En Allemagne, nous ne parlerons qu'allemand et ça fonctionne vraiment bien.Donc, ma correspondante vient chez moi pour la première fois fin juillet 67, j'ai 16 ans tout juste, et j'entre en Terminale.
1968 : Münster en Wesphalie. Je vais pour la première fois seule en Allemagne, aux environs de Pâques. Je n'avais pas compris qu'il fallait aussi aller à la messe le lundi de Pentecôte et s'habiller en conséquence ce jour là. Je sors de la chambre en tenue de tous les jours, en pantalon de velours cotelé, au grand effroi de ma correspondante et de sa mère, qui me renvoeint 'm'habiller pour la messe". je ressors avec une jupe écossaise rouge et un haut en laine de couleur brique dont quelques camarades de classe me diront ensuite que ces deux couleurs là ne vont absolument pas ensemble. Son père m'explique plein de chose sur les monuments de la ville, la Paix de Münster en 1648, les cages des anabaptistes en haut de la Lambertikirche. Je comprends tout ce qu'il me dit comme si c'était du français. Je visite tous les monuments de cette ville, et le dimanche quand son père est libre, on met les manteaux dans le coffre de la voiture bien chauffée, et on part en excurtion dans le Teutoburger Wald, on va à Teklemburg, Bad Iburg, au Hermanns Denkmal et aux Externsteine. Bref, on fait tous les grands sites de la région. La grand-mère de ma correspondante habite avec eux, de même que son frère. Son père et son frère jouent tous les deux de la guitare, et accompagnent Horch, was kommt von draußen rein que je chante avec eux de ma "glockenklare Kopfstimme", ça tombe bien parce que ça fait deux mois que je joue de la guitare, j'ai encore 16 ans, bientôt 17 ans, je passe mon bac, et je passe pour un génie auprès des copines et des cousines de ma correspondante qui passe son bac à l'âge normal en Allemagne, 19 ans, et a déjà 19 ans depuis janvier. Pour la guitare et le chant, on me dit que je passerai bientôt à la télévision, mais ce n'est pas encore fait aujourd'hui! Je chante "Sagt mir, wo die Blumen sind" qui est encore mon hymne aujourd'hui, on m'apprend Der Mond ist aufgegangen et Am Brunnen vor dem Tore. Je chante aussi les classiques du genre en anglais et quelques chansons françaises. En anglais, c'est Fare thee well qui est mon préféré parce qu'il monte très haut. En France, on me dit toujours, chante en français, on ne comprend rien, en Allemagne on écoute tout dans un silence religieux. Le soir dans un demi-sommeil, les voix entendues dans la journée passent et repassent dans ma tête avec plein de mots en allemand, je sais que c'est là que ça décante, que je saurai encore tout le vocabulaire qu'on m'a expliqué dans la journée demain et après, et encore après... je reste 15 jours là-bas, Martin Luther King est assassiné, et on regarde les nouvelles sur le tout petit écran en noir et blanc, ça commence à bouger à Berlin-Ouest au moment où je reprends le chemin de la France, je ne sais plus un mot de français quand mes parents viennent me chercher, mon père connait l'allemand qu'il a appris pendant la guerre, mais ma mère dit "Parle français, je ne comprends pas ce que tu me dit." Visiblement, j'ai du mal à me remettre à ma langue maternelle que j'ai failli oublier en 15 jours, malgré les lectures pour le bac que j'ai faite entre deux et qui interessait ma correspondante. De nouveau à la maison, j'ai le cafard et je pleure pendant trois jours. A partir de ce moment, j'ai toujours pleuré en rentrant d'un voyage durant lequel j'avais été seule avec des amis. ça faisait drôle de rentrer à la maison, d'être au calme après un grand tourbillon de vie. C'était pareil lorsqu'une correspondante quittait la maison, ça faisait très vide d'un seul coup et on pleurait.
1969 et 1970 : A Pâques encore, je passe 15 jours en Allemagne chaque année, je pense que l'une des années, on a eu 3 semaines de vacances à Pâques et que je suis restée 3 semaines, ma correspondante, passe toujours la deuxième quinzaine de juillet chez nous.
En novembre 1969, j'ai fait connaissance de mon futur époux, qui n'est même pas encore "mon petit copain" alors, et nous parlons en allemand ensemble. Il deviendra "mon petit copain", comme on disait à cette époque, à l'insu de mes parents, au printemps 1970 et comme il est bilingue de naissance, nous parlerons toujours en allemand ensemble.
dominique

Première année du premier cycle d'allemand programme suivi en 1968-1969 et 1969-1970

A l"époque où j'ai fait mes études, la première année de licence actuelle, ne s'appelait pas ainsi, car c'était avant la réfome LMD (réforme européenne ne comprenant plus que 3 diplômes à BAC +3 (licence), BAC + 5 (Master) et BAC + 8 (Doctorat).
On l'appelait première année de premier cycle universitaire, le second cycle comprenant la troisième année ou année de licence et l'année de maîtrise.
Avec les 8 heures de CM (Cours Magistraux) et 3 heures de TD (Travaux Dirigés) que nous avons eu la première année, ce qui comparativement aux horaires actuels l'université est peu, j'ai redoublé ma première année, perdant ainsi l'année d'avance que j'avais depuis ma plus tendre enfance et avec laquelle j'avais réussi le bac avec mention. Mais qu'était-ce perdre son année d'avance à ce niveau? C'est donc à l'âge d'à peine 17 ans, après avoir eu 16 ans durant presque toute mon année de Terminale, que j'entrais à l'université, Bac littéraire, option maths (option de 3 heures par semaine) et LV2, et mention en poche. C'était un bac assez complet qui n'existe plus actuellement.
L'année d'avance se détermine ainsi, normalement le bac se passe à 18 ans dans l'année civile de la session du baccalauréat; Un élève "à l'âge normal" a 18 ans entre le mois de janvier et le mois de décembre de son bac.
J'avais eu 17 ans dans l'année civile de mon bac, je les ai eu juste avant de le passer ou presque.
En classe l'allemand était ma LV2, j'avais fait 7 ans d'anglais et 5 ans d'allemand, plus du latin en collège, depuis la sixième.
Cependant, n'ayant pas continué le latin en second cycle secondaire, j'avais eu des heures d'allemand renforcé avec une assistante, en seconde et en première, si bien que j'avais bénéficié d'un horaire de 5 heures par semaine d'allemand dans ces deux classes.
J'avais fait mon premier séjour en Allemagne durant les vacances de ¨Pâques de l'année du bac, et cela avait bien remonté mon niveau. Déjà en Terminale, je comprenais tout ce que les allemands disaient, ayant durant ma scolarité appris l'allemand selon la méthose dite traditionnelle, une méthode qui nous faisait apprendre beaucoup de vocabulaire et faire beaucoup de traduction.
Le jour de la rentrée, on nous a divisé en 10 groupes. Comme nous étions 400 étudiants en première année, cela faisait 10 groupes de 40 étudiants pour les TD.
On faisait un test pour nous metre en groupes de niveau, je fus mise dans le 5ème groupe, ce qui pour une LV2 de lycée n'était pas mal, puisque les 3/4 des autres étaient des LV1 de lycée, dont certains avaient eu leur bac avec mentionTB.
Beaucoup de ces 400 étudiants avaient abandonné leurs études d'allemand en cours d'année, si bien que nous n'étions plus qu'environ 200 en fin d'année, et que seule une petite partie montèrent d'année, puiqu'en deuxième année il y avait 120 étudiants avec les redoublants. On pouvait donc calculer qu'environ 60 étudiants sur 400 réussissaient leur première année d'allemand.
On n'avait que 3 années pour faire les 2 années de DUEL (ancien nom du DEUG littéraire), si bien que qu'en on ne réussissait pas du premier coup sa première année, on stressait énormément pour les deux années suivantes ce qui fut mon cas. Et on n'avait pas le droit de tripler l'une des deux premières années, de plus on ne pouvait redoubler qu'une seule fois sur les deux ans.
L'examen était consitué d'un écrit que l'on devait réussir pour avoir le droit de passer l'oral : l'écrit c'était Thème et Version, c'est tout, alors il fallait être bon en traduction, ce qui est encore mon cas aujourd'hui. Sans la moyenne en traduction, point de salut.
Lors de ma première année du premier cycle râtée, en 1968-1969, j'ai du avoir environ 9 ou 9,5 à ces deux traductions aux deux sessions, ce qui m'a valu d'être recalée. Mon option était l'anglais, pour lequel nous avions eu des cours de version pendant environ deux mois en fin d'année, mais on ne le passait que si on réussissait l'écrit d'allemand (j'ai pris le néerlandais en option lors de mon redoublement, ce qui m'a permis de mettre une langue supplémentaire sur mon tableau de bord et d'obtenir deux bonnes mentions en première et deuxième année). On devait pratiquer le sport de façon obligatoire en première année avec des cross obligatoires en forêt une fois par mois et une disipline au choix. J'avais choisi la natation que j'ai continuée à pratiquer en sport universitaire jusqu'à mon premier passage du CAPES.
Lors de ma première première année, je faisais donc tout ceci :
Allemand
Grammaire vue d'une façon linguistique (on parlait de présent et de passé du non-accompli et de l'accompli et des déclinaisons sous forme de suites significatives et on avait un bon fascicule de phonétique à se mettre sous la dent).
Traduction que l'on faisait en TD avec des devoirs à rendre si on le désirait toutes les semaines : thème et version.
Civilisation
2 questions assez volumineuses à se mettre sous la dent :
- Toute l'histoire allemande des origines à 1945 (CM).
- L'Allemagne depuis 1945 jusqu'en 1968 donc...puisqu'on était en 68. (CM + TD)
Ce qui revenait au même que "toute l'histoire allemande"...
Dans le TD, on voyait plutôt des questions modernes de société actuelle et les institutions allemandes de RFA et de RDA, avec l'étude des constitutions et des constitutions des Länder.
En littérature les livres à lire étaient Kafka, das Urteil et der Prozess, Böll, Ansichten eines Clowns et Dürrenmatt : die Panne.
Plus le sport : Cross et natation que je faisais le lundi matin.
Lors de mon redoublement en 1969-1970, j'ai eu à peu près le même programme avec de légères différences, et le néerlandais en plus. C'est en novembre 1969 que j'ai renconté celui qui est encore mon mari actuel, je travaillais avec une copine qui m'avait été confiée par ma mère etsa mère parce que 'j'avais déjà fait un an" et que je pouvais l'aider. Nous avons formé une équipe de travail jusqu'en licence (3ème année actuelle) et l'avons quittée en entrant en CAPES puisqu'elle n'avait pas eu sa licence complètement. Avec nous, elle n'a pas redoublé avant la troisième année, elle a eu sa licence un an après nous. Il y avait une chose curieuse avec cette copine, c'est qu'elle n'avait jamais été en Allemagne, mais prononçait quand même bien. C'est vrai qu'à l'époque, certains étudiants réussissaient leurs études d'allemand sans jamais aller en Allemagne.
Ce n'était pas mon cas, puisque j'allais une fois par an pendant deux ou trois semaines chez ma correspondante, ni celui de mon futur qui avait passé 18 ans en Allemagne.
Le programme de cette deuxième première année
Grammaire (comme précédemment, sauf que nous étions passé d'un professeur homme à un professeur femme.)
Thème et Version, comme précédemment.
Littérature : On avait gardé Böll : Ansichten eines Clowns, mais on avait en plus en histoire des idée : Karl Jaspers : Wohin treibt die Bundesrepublik? Un livre écrit juste après la promulgation des Notstandsgesetze (lois d'urgence).
Le programme de civilisation était le même que l'année précédents.
En néerlandais, nous apprenions les bases avec l'histoire de Laarmans, le représentant hollandais en fromages. Le cours était tout en néerlandais et je réussissais à bien comprendre ce que disait le prof grâce à l'allemand. Malgré la dénomination "Débutant " qu'avait le cours, certains étaient néerlandophones. En plus de la méthode, on étudait aussi des poèmes et la civilisation.
Pour le sport obligatoire, je faisais toujours cross obligatoire et natation.
Examen :
Cette année là, il fallait réussir l'écrit de traduction (thème et version), pour passer l'oral des 3 UV bloquées d'allemand. A l'oral d'allemand on passait trois épreuves séparées de litérature, civislisation et grammaire; en grammaire je sais que j'avais bien réussi, le prof m'a annoncé la note de 13/20) j'ai eu mention AB aux 3 UV d'allemand, on n"obtenait pas ses notes quand on réussissait un examen, mais on pouvait s'en faire une idée grâce à la mention.
Trois UV "bloquées", cela voulait dire qu'elles se passaient en même temps, on les rataient ou on les réussissait, mais on ne pouvait les passer séparément. Elles faisaient l'objet d'une mention globale.
Le néerlandais se passait normalement (il fallait ausi réussir l'écrit pour passer l'oral ) en deux étapes, des traductions à l'écrit et un enretien sur une texte que le professeur nous fournissait juste avant le passage. J'ai obtenu la mention bien à l'option néerlandais de première année.
A bientôt pour vous raconter ma deuxième année.
Avec le néerlandais j'avais eu pour cette deuxième première année, trois journées de cours par semaine, puisque les cours de néerlandais avaient lieu le lundi après-midi et j'utilisais mon lundi matin pour le sport universitaire, car j'allais à la piscine universitaire où je suivais un véritable entraînement en quatre nages, brasse, dos, crawl et papillon. Et je mettais ce que j'avais appris en pratique le mardi et le vendredi matin dans la piscine de la ville où habitait mes parents, à 11 km de là. Je n'avais pas de chambre d'étudiante, car j'habitais suffisamment près de l'université pour ne pas en avoir. Les cours se déroulaient à la fois sur le campus scientifique dans des préfabriqués voués aux deux premières années des littéraires et dans la capitale régionale pour le néerlandais au quatrième étage de la veille fac de lettres.
dominique

Etudes universitaires (1) et stage de CAPES

Premier cursus : allemand
Etudes initiales de la rentrée 1968-1969 à l'année 1976-1977 (stage de CAPES).
Matière : allemand
1ère année du premier cycle (équivalence actuelle : 1ère année de licence) 1968-1969 et 1969-1970. Obtenue en juin 1970 (1ère session, mention AB) (option néerlandais, mention B).
2ème année du premier cycle (équivalence actuelle : 2ème année de licence) 1970-1971. Obtenue en juin 1971 (1ère session), (option néerlandais, mention TB). Obtention du DUEL* ou Diplôme Universitaire d'Etudes Littéraires, spécialité allemand, option néerlandais en 1ère session de Juin 1971.
1ère année du second cycle ou année de licence (équivalence actuelle : 3ème année de licence) 1971-1972. Licence d'allemand, option enseignement, appelée licence d'enseignement, obtenue en septembre 1972, deuxième session pour deux oraux, le reste obtenu en 1ère session en juin. C'était le choix des UV (Unités de Valeur) qui déterminait, si oui ou non la licence avait la mention enseignement ou non. Seule une licence d'enseignement permettait de se présenter au CAPES de la même matière. (Actuellement tout diplôme de bac +3 quel qu'il soit permet de se présenter au CAPES de n'imporrte quelle matière.)
2ème année du second cycle ou maîtrise. Certificat de seconde année du second cycle universitaire (C2) obtenu en juin 1973 (première session). spécialité linguistique allemande, mention B. (Mémoire écrit en 2003-2004, maîtrise d'allemand, spécialité linguistique allemande, obtenue en septembre 2004 en 2ème session).
Préparation et obtention du concours du CAPES (Certificat d'Aptitude au Professorat de l'Enseignement Secondaire, spécialité allemand. Ce CAPES permet d'enseigner dans la matière passée et réussie en collège et en lycée et dans les classes supérieurs de lycée comme les BTS. Années 1972-1973, 1973-1974, et 1975-1976, passé aux sessions de 1973 (à 22 ans) (statut étudiante), 1974 (à 23 ans) (statut salariée) et 1976 (à 25 ans) (statut salariée). Obtenu à la session 1976.
Stage de CAPES et de professeur certifié : durant l'année scolaire 1976-1977, rattachée au CPR de Lille (ancêtre de l'IUFM) où nous suivons des cours de pédagogie et de langue allemande, et réalisé dans 3 établissements durant l'année scolaire, deux trimestres dans deux lycées différents et un trimestre en collège. Examen dit de CAPES pratique sous forme de double inspection (une en collège et une en lycée) passé et obtenu en Mai 1977. Réalisé dans 3 villes différentes.
1er trimestre, lycée important avec en conseiller pédagogique (dit actuellement tuteur), un futur inspecteur IPR. Méthode : Feuilles polycopiées. Classes : 1ère C (scientifique) LV1 et Terminale A (littéraire) LV2 (ou LV1?).
2ème trimestre : collège de ville moyenne, avec un professeur de collège en conseiller pédagogique, méthode Die Deutschen. Classes 6ème et 3ème LV1. 3ème LV2. Classe d'inspection : 3ème LV1 avec Die Deutschen 4 (Martin et Zehnacker).
3ème trimestre : lycée de ville moyenne, avec comme conseiller pédagogique, un professeur agrégé, futur professeur d'université. Méthode : Feuilles polycopiées. Classes : Première C (scientifique) (ou A? Littéraire?) LV1 et Terminale A LV1 (?). Classe d'inspection 1ère LV1.
Double inspection passée avec succès en Mai 1977 et obtention du CAPES "pratique" ou 2ème partie ou 2ème année de CAPES, la préparation du concours étant la 1ère année de CAPES.
On appelait les deux CAPES qu'il fallait obtenir les CAPES théorique (concours correspondant à l'externe aujourd'hui, c'était le seul qui existait) et pratique (inspections de stage).
L'inspection était réalisée par un IPR (ou un IG) assisté de 2 assesseurs choisis parmi les conseillers pédagogiques du cru. Mon inspecteur venait de Paris.
Titularisation en tant que professeur certifié d'allemand à la rentrée scolaire 1977-1978 (13 septembre) (en 1976, j'avais été nommée comme professeur certifiée stagiaire).
Titularisation supplémentaire en tant que professeur bi-admissible à l'agrégation en 2005 par deux admissibilités d'agrégation interne d'allemand (2003 et 2005).
(Le 2ème cursus (musique et msicologie) ne donnera pas lieu à un concours d'enseignement, puisque je l'arrêterai dans le courant de la deuxième année.)
(Au début des années 70, l'équivalent du DEUG portait plusieurs noms différents, selon la filière suivie : DUEL pour les littéraires et les linguistes, DUES pour les scientifiques, DUEJ, pour les études juridiques, etc... Le DUEL n'a rien à voir avec le DUFL actuel, puisqu'il s'agit d'un examen sanctionnant des années complètes d'enseignement).
dominique

Mes vacances (petite enfance et enfance)

1951, 1952, 1953, vacances sur la Côte Belge (j'ai entendu parler de St Idesbald, mais je crois que c'était mon frère tout seul), Kokzijde, La Panne (De Panne) et Oostduinkerke (en 1953, c'était Oostduinkerke, d'après mes souvenirs).
1954 et 1955 : Stella-Plage (Pas-de-Calais).
1956 : Alsace (Mittlach), en août.
1957 : Bretagne (St Quay Portrieux)
1958 : Côte d'Azur (Antibes)
1959 : naissance de ma soeur, Ardennes, Montigny-sur-Meuse (la centrale atomique de Chooz n'existait pas encore).
1960 : Camiers (Pas-de-Calais, plages à Ste Cécile Plage et St Gabriel, ces plages étaient encore sauvages).
Nous allions à partir de 1956 en vacances au mois d'août, avant c'était en juin ou en juillet.
1961 : on ne va pas en vacances à cause du déménagement, on emménage dans la nouvelle maison début septembre, avant la rentrée scolaire, après avoir fait des paquets durant toutes les vacances, j'ai dix ans, et je rentre fin septembre 1961 (d'après mes souvenirs le 23 septembre) en sixième.
Langues entendues pendant ma petite enfance et mon enfance, sans les parler ni les comprendre (mais on peut s'imprégnier des mélodies de phrases) : néerlandais flamand en Belgique assez souvent, et alsacien en 1956, durant un mois), italien (durant une journée durant mon séjout sur la Côte d'Azur. Anglais par les cousins d'Angleterre et aunt Rose. Basque en 1962...
Pays étrangers visités lors des vacances ou de courts séjours ou pour quelques heures puiqu'on habitait près d'une frontière : Belgique en long et en large, Pays-Bas (Hollande, Ile de Walcheren), Italie (Vintimille, San Rémo). (Puis Espagne (Pays-Basque) en 1962... mais c'est pour un autre chapitre.
dominique

Scolarité précoce et primaire (de 4 à 10 ans)

1955-1957 : jardin d'enfants 2ème et 3ème année. Je savais lire et écrire avant d'entamer ma scolarité en jardin d'enfants. D'après les légendes, je savais lire dès l'âge de deux ans (1953), ou du moins je connaissais par coeur les histoires que me lisait ma mère, en suivant avec le doigt en dessous des syllabes.
Comme j'ai la coqueluche à Pâques 1955, je ne rentre au jardin d'enfants appelé aussi la "petite école" ou l'école maternelle que le premier octobre 1955. Je sais déjà lire, écrire, compter jusqu'à 100 et faire des additions, toutes choses que j'ai apprises avec ma mère.
Avant et durant mon jardin d'enfants, j'apprends en même temps que mon grand frère qui apprend ses résumés à voix haute, l'histoire de France, la géographie, les sciences naturelles (biologie), les règles de grammaire et d'arithmétique, car je sais ses leçons par coeur avant lui, et je les comprends.
En deuxième année de l' école maternelle avec Mlle Madeleine (prénom) qui est déjà âgée, je fais des bricolages, de la couture de la broderie, de la lecture, de l'écriture et des petits calculs.
En troisième année de l' école maternelle avec Mme L. (nom de famille) qui a trois enfants dont une grande fille pianiste que l'on va écouter chez elle (elle passait son prix de conservatoire), je fais de la couture et de la broderie, beaucoup moins de bricolage que l'année précédente, de la lecture (je lis à haute voix devant toute la classe en mettant le ton, car je suis déjà une bonne actrice), de l'écriture (on écrit encore au crayon noir -appelé ailleurs, crayon gris, crayon à papier, ou crayon de bois-, et j'ai encore une belle écriture), du calcul et de l'arthmétique (j'apprends les additions plus complexes, avec des virgules, les soustractions, les multiplications et les divisions sans reste, tout ceci à l'âge de 5 ans, 5 ans et demi). On chante aussi des chansons, je me souviens de "Il était un petit' homme, digue, digue, don, qui marchait sur la grand route, à grands pas...."
Il y a trois groupes dans la classe et je suis toute seule dans le groupe "très fort". La plupart du temps, on me place toute seule au dernier rang avec des devoirs à faire (du calcul, de l'analyse grammaticale) et des livres à lire, parce que je sais déjà ce que font les autres, et sinon je m'ennuierais. Je lis beaucoup, pendant que l'on fait cours au deux autres groupes; pour certains cours on me demande de me joindre au plus fort des deux autres groupes.
L'année suivante à 6 ans, je rentre en CP (cours préparatoire ou 11ème), mais j'ai tout bon à mes compositions du premier trimestre (20/20 partout sauf en soin à cause des pâtés dus au porte-plume et à l'encre violette, j'ai eu du mal à passer du crayon noir au porte-plumes, et en sixième j'aurai du mal à passer du porte-plume à encre violette au stylo plume à encre bleue ou noire, car le stylo-plume me donne une écriture de médecin). En CP je m'ennuie, car on refait la même chose qu'en dernière année d'école maternelle. C'est pourquoi après les vacances de Noël, et moyennant un petit travail de mise à niveau, je passe directement au deuxième trimestre de CE1 (cours élémentaire première année ou 10ème), ce qui s'appelle 'sauter une classe' et me vaudra une année d'avance durant toute ma scolarité bac compris). C'est donc à six ans et demi que j'entre en deuxième trimestre de CE1. Le travail de rattrapage pour passer du premier trimestre du CP au deuxième trimestre du CE1 directement concernait essentiellement l'arithmétique, car je dois alors apprendre pendant les vacances de Noël, les divisions avec reste, la preuve par neuf, les opérations avec virgule, et les rudiments de l'analyse logique, dans laquelle je deviendrai très forte.
En CE1 et en CE2 (cours élémentaire deuxième année ou 9ème) je ne suis plus la première de la classe, il y a un peloton de tête dans lequel il y a deux Pascale et une Bernadette, mais elles sont toutes plus âgées que moi, d'au moins un an. Je serai de nouveau la première de la classe en CM1 (cours moyen 1ère année), battant les plus âgées que moi. En CM2, je me suis de nouveau ennuyée (comme au premier trimestre de CP), car comme il n'y avait qu'une classe pour les deux cours CM1 et CM2 (7ème), je refais la même chose qu'en CM1. J'aurai pu déjà passer en 6ème à la fin du CM1 (9ème). Ou faire la moitié du programme de sixième en CM2, cela m'aurait avancée pour la suite.
Ma scolarité suit son cours, on a toujours les matières suivantes :
-- français avec copies et dictées, analyse grammaticale et analyse logique, rédaction, lecture, écriture (écriture pour le CE1 : on apprend à bien faire les pleins et les déliés avec le stylo-plume), récitation (déclamation de poèmes appris par coeur).
- arithmétique avec calcul et géométrie (études des figures géométriques et formules, calculs de surfaces, de volume, etc...), dession géométrique, problèmes de trains, d'intervalles, de robinets qui perd de l'eau...
- dessin d'art, avec crayons de couleur et peinture à l'eau,
- bricolage et couture, broderie,
- histoire avec beaucoup de dates à retenir,
- géographie avec beaucoup de cartes à dessiner,
- sciences naturelles (appelée aujourd'hui biologie ou sciences de la nature), avec beaucoup de shémas, on dessine des pommes, des animaux, le corps humain...
- religion (j'étais dans une école privée), mais le catéchisme pour les communions a lieu à l'église, dans la sacristie,
- musique, on chante beaucoup, à trois voix de filles, selon les années, on me met soit dans les voies aigues, soit dans les voix graces, cela dépend de la tonalité du chant que je chante lors de l'audition des voix. J'ai été placée dans les voix graves en chantant en début d'année "C'était un bateau qu'était grand, qu'était beau...", mais en CM2 l'institutrice remarque ma belle voix aigue quand on chante en canon, "Cétait dans la nuit brune" 'd'Alfred de Musset dans le "Holahihi, holahiho".
- gymnastique dans la cours de récréation.
Une professeure de piano qui habite près de l'école vient faire la chorale en CE, mais en CM, c'est l'institutrice qui l'a faite.
La professeure de piano m'a remarquée et je me suis payée 3 ans de solfège et un an de piano entre 1956 et 1959, le piano en 1958-1959, je dois arrêter de prendre des cours de solfège et de piano à la naissance de ma soeur, parce que c'est trop cher, et c'était surtout l'achat d'un bon piano qui posait problème... car mes parents "faisaient construire". Si j'avais continué, c'était le conservatoire promis! En solfège je savais lire les clefs de sol et de fa et en piano aussi. J'avais fait la moitié de la Méthode Rose, ou les deux tiers, j'avais un répétiteur devenu célèbre en piano 4 mains avec lequel je jouais à 4 mains au grand damme de la professeure qui l'apprenant avait écrit en immenses lettres sur ma Méthode Rose : Exercice à répéter 20 fois la main droite, 20 fois la main gauche et 20 fois les 2 mains ensemble. Le répétiteur prénommé Bernard m'apprenait aussi l'histoire de la musique qui se trouvait à la fin de la Méthode Rose. Il s'était fait très grondé (et moi aussi), parce qu'il me faisait jouer trop tôt à quatre mains. Mais je pense que c'était lui qui avait raison.
Pendant ma scolarité maternelle et primaire :
Loisirs :
Jeux d'intérieur (jeux de société, poupées, jeux de voitures miniatures et de petits hommes miniatures et d'indiens miniatures avec mon frère, jeux de construction de maisons et le meccano de mon frère). Danse, seule dans le couloir ou avec ma mère. Danses de société lors des fêtes familiales (valses de Strauss, tango).
Lecture.
Jeux d'extérieur : dans le jardin, jeux de bateaux dans une bassine, jeux de cache-cache, on cachait les bons hommes miniatures et les indiens miniatures dans les arbres et on devait les chercher.
Bricolage : dessin, peinture à l'eau, scoubidoux, couture, j'apprends à tricoter dès l'âge de 7 ans et je dépasse vite ma mère, apprenant des points qu'elle ne sait pas faire...
A l'école (récréation) : jeux de ballons, cache-cache et prix-prix (j'avais souvent des plaies aux genoux, car il fallait courir vite et on tombait). Balle au prisonnier, indiens et cowboys, gendarmes et voleurs. J'étais toujours indienne parce que j'aimais me déguiser en indienne, mais j'étais plutôt gendarme que voleur parce que j'étais (et je suis toujours) pour la légalité.
A l'école (fêtes) : chants, danses folkloriques, et théâtre (le théâtre à l'école maternelle).
En vacances : natation, châteaux de sable et barrages sur les ruisseaux qui coulaient sur la plage. Depuis l'âge de 7 ans, je savais nager en fin de séjour de vacances, mais comme on n'allait pas à la piscine pendant l'année scolaire, je devais réapprendre tous les ans, j'ai su nager définitivement à l'âge de 11 ans dans une rivière du Pays-Basque. Mais j'étais déjà à l'école secondaire, entre la sixième et la cinquième, on est allés à la piscine "avec l'école" de la quatrième à la première.
Je n'ai pas fait de vélo avant ma douzième année! C'était ma hantise! Je ne tenais pas en équilibre sur deux roues, mais je me suis rattrapée à l'âge jeune adulte.
Loisirs organisés : comme déjà dit : solfège et piano et aussi gymnastique en club pendant un ou deux ans.
Catéchisme : confirmation et communion privée (ou première communion) dans l'église qui était près de l'école. En catéchisme on devait apprendre plein de questions et de réponses par coeur et réciter à l'abbé : les prières, les listes de péchés véniels et mortels, ça nous impressionnait beaucoup!

dimanche, avril 13, 2008

Ce CV n'rest pas fini, bien entendu!

Séjours en Allemagne

Je détaillerai dans le prochain article mes séjours en Allemagne et en Autriche. A cette époque, il y avait deux Allemagne, et j'allais dans les deux, cachant aux amis de l'Ouest que j'allais aussi à l'Est.
La famille de mon époux habitait en partie à Sarrebrück et en partie en Lorrainne près de Sarrebrück, mais même en étant dans cette ville frontalière, nous passions la frontière un jour sur deux, ce qui me faisait passer par an beaucoup de temps en Allemagne, surtout si j'y ajoute les échanges scolaires. J'avais donc quatre points de chute en Allemagne : Sarrebrück, Münster la ville de ma correspondante en Westphalie, et une petite ville entre la Westphalie et la Basse-Saxe pour le jumelage. En RDA, on allait tous les ans, voir plusieurs fois par an, à Erfurt et chez des amis de notre âge que l'on s'était fait là-bas, à Apolda. Nous allions aussi en Autriche, pour les grandes vacances faire de la randonnée pédestre et explorer des régions où l'on trouvait rarement des français comme la Carinthie. On a fait aussi les 2/3 du tour pédestre de la Sarre à pied. On gagnait des épingles de randonnées de bronze, d'argent et d'or. Dont j'ai fait la liste dans un blog perso. On dormait chez des amis, on campait souvent dans une petite canadienne, il faisait froid la nuit en montagne en août, on avait de la neige en Autriche à 1400 mètres d'altitude. On a traversé la Suisse germanique (en voiture), je suis allée au Tessin et à Fribourg de Suisse, voir une amie. Et tout ceci avec parfois des stages de musique folk en juillet.
Bref, on avait l'Allemagne, la Suisse et l'Autriche dans notre poche, comme disait un livre de l'époque.
Avec mon époux, on parlait allemand... dans les pays germaphones.

1982-1983 (disponibilité pour convenances personnelles).

Qu'ai-je fait en 1982-1983. Pour la première fois j'avais passé l'agrégation (mais contrairement au x années suivantes, je ne l'avais cette fois pas préparée). J'ai fait de l'allemand commercial et appris la dactylo. J'ai fait de la musique, mon petit bonhomme de chemin dans une école municipale où je faisais de la guitare, du chant et du solfège. J'ai du faire aussi un an de flûte à bec, mais ce n'était pas cette année-là.
A l'agrégation, j'ai eu en dissertation allemande avec une introduction seulement la note de 01/20 (je n'avais lu que 70 page d'un livre de 600 pages!). L'année dernière après avoir bien lu l'oeuvre et été au cours toute l'année, j'ai eu la même note! Avec une dissertation de quatre ou cinq copies! Les exigences ne sont plus les mêmes. En version j'ai eu la même note pendant 10 ans, cette fois là, j'ai du avoir 07/20, plus tard, j'ai eu 9/20 (jusqu'à 12/20 en traduction à l'interne.) En thème j'avais moins, mais c'est la matière où j'ai monté et progrssé régulièrement. Il faut dire au gens qui ne connaissent pas l'agrégation d'allemand qu'on est admissible avec environ 5/20 et admis avec environ 6,5 à 7/20 selon les années. Pour l'interne, c'est plus.
Si j'avais travaillé que l'agrèg cette année-là. Il y avait encore beaucoup de candidats, en allemand dans mon académie, on était une salle de sport pleine. Mon nom de jeune fille commence par V et à coté de moi était assise une collègue allemande dont j'ai fait la connaissance par la suite et dont le nom commence par S. Alors, imaginez le monde qu'il y avait! Je n'ai repassé l'agrégation que six ans plus tard.
dominique

1981-1982

En 1981-1982, je suis tombée malade fin janvier.

Comme je m'occupais quasiment entièrement du jumelage avec l'Allemagne depuis 4 années (ma collègue ne faisait que ramasser les papiers que je lui demandais dans ses classes et accompagnait une fois sur deux, l'année précédente elle s'était mise en congé maladie pendant le voyage parce qu'elle avait une "bronchite", elle faisait semblant de tousser en arrivant chez les collègues pour faire la fête le soir, les allemands l'avait remarqué. On était en Mars et mon affection saisonière était plus forte que la sienne. J'avais une forte quinte de toux à chaque fois que je sortais dans le froid hivernal de l'Allemagne.

La journée, elle n'était pas là. Officiellement, elle était malade, mais en réalité, elle rendait visite à son ex-mari, allemand, qui habitait dans la région, car elle venait de divorcer pour régler les histoires des enfants.

Sa fille était du voyage, elle avait 10 ans et était en sixième. Elle restait avec moi, car elle préférait rester avec moi plutôt que de suivre sa mère.

Cela c'était en 1980-1981.

Mon père était à l'agonie, mais personne dans le collège ne le savait, je séparais la vie professionnelle de la vie familiale.

Il est mort en juin 1981. Certains ont expliqué ma maladie par là. Mais c'était plus compliqué et professionnel.

En 1981-1982 tout allait pour le mieux avec les élèves. Mais j'avais délégué le jumelage à ma collègue, et celle-ci me disait, bien que je faisais comme elle avait fait les quatre années précédentes, en se vantant auprès des parents d'être celle qui faisait le jumelage, je relevais les papiers dans mes classes.

Elle commença à me faire des reproches (on ne lui en avait jamais fait les quatre années précédentes, mais elle avait une excuse : ses enfants! Pourtant, enfants ou pas, l'horaire est l'horaire, et pourquoi en faire moins si on a des enfants.

Quand on devient prof, on sait qu'on entre en sacerdoce. Si on fait des enfants, on sait que l'on fera mal son travail. Alors certains couples de profs décident de ne pas avoir d'enfants pour se consacrer à leurs élèves. C'était nous. Théoriquement, quand on devenait prof comme on entre en sacerdoce, c'était pour la vie puisqu'on est fonctionnaire. Donc, le choix de ne pas avoir d'enfants était fait pour la vie.

Bon, bref, ma collègue trouvait que comme je lui avait délégué le jumelage après l'avoir fait depuis quatre ans "je ne f... rien!"

On avait eu un changement de principal deux ans avant, le premier principal était bien, pour le deuxième, j'ai ouïe dire par une élève que ma collègue était allée le voir dès le jour de la pré-rentrée pour se plaindre de moi, et que soi-disant je choisissais les meilleures classes (c'était un autre collègue qui avait les 4ème et 3ème LV1), ils étaient tous les deux PEGC et j'étais certifiée et la dame était jalouse de mon CAPES. Et j'en souffrais.

Mon collègue était trop vieux pour s'occuper des jumelages. Comme c'était un ancien instituteur, il avait eu contrairement à nous qui ne pouvons prendre notre retraite qu'à partir de 50 ans, sa retraite à 55 ans, six ou sept ans plus tard. Ce qui veut dire qu'à l'époque, il avait 47-48 ans et se trouvait trop vieux pour s'occuper de jumelages. A cette âge là, il y a dix ans, je me suis encore occupée de jumelages scolaires.

La collègue n'avait fait qu'une année universitaire, puis elle était partie à l'aventure. C'était son choix. Elle nous racontait qu'elle avait vécu en Tunisie chez les nomades où elle était toujours bien accueillie. Puis elle avait rencontré un marin allemand, et est partie vivre avec lui 2 ans à Hambourg où elle a eu sa première fille et peut-être la deuxième, puis elle a passé le concours de PEGC, s'était achetée une maison avec son mari marin qui est devenu ouvrier dans la ville de ses parents après avoir réussi le concours de PEGC lettres-allemand, elle a eu sa troisième fille en France, puis elles a divorcé et retournait voir son ex-mari en Allemagne lors des jumelages...
Donc, mon collègue était un ancien instituteur devenu PEGC qui devait avoir en allemand le niveau du bac, et ma collègue n'avait fait que un an d'études universitaires avant d'avoir son concours. J'avais un licence, un C2 de linguistique allemande avec mention Bien et le CAPES que j'ai réussi à 25 ans après avoir travaillé trois ans comme auxiliaire. Donc, cela me faisait environ 6 ans d'études universitaires en allemand. J'aurais pu aussi partir à l'aventure, avoir 3 enfants (finalement quand j'ai eu mon CAPES, j'étais mariée depuis deux ans), et dire à mes collègues : "mes enfants m'empêchent de travailler", pourquoi pas? C'est un choix qu'elle avait fait et elle devait l'assumer sans se plaindre.
En janvier, devant l'animosité constante de ma collègue, je suis tombée malade. Et comme je ne voulais pas être payée "à ne rien faire", j'ai pris une disponibilité l'année suivante (1982-1983) avant de reprendre dans un autre collège. Ce serait impossible maintenant de prendre une disponibilité, vu les temps qui courent : cherté de la vie, impôts à payer sur deux salaires de vieux profs, etc... Mais en ce temps-là, la vie était moins chère. (Mon époux gagne moins que moi).
Je dois dire que je n'habitais qu'à quatre kilomètres du collège et que les collègues avaient pris trop de place de ma vie. J'avais un tout petit appartement que je partageais avec mon mari et les collègues débarquaient à tout heure du jour et même de la nuit. Pas pour s'amuser, mais pour parler, pour se confier, j'étais devenue la psy des profs du collège. Comme j'étais un mur et que je ne divulguais rien (comme j'étais nouvelle dans la région , je veux dire que j'étais d'un autre coin de la région, je ne connaissais pas les gens dont ils me parlaient, pas plus que les objets de leurs chagrins d'amour), on se confait à moi. Même des jeunes parents d'élèves m'avaient prise comme amie et j'étais aussi leur confidente. J'assumais tout, leurs délires, leurs chagrins, leurs morts (et il y en eu beaucoup, cancers, intoxications par l'oxyde de carbone, je perdis ainsi une amie mère d'élève en même temps que l'une de ses filles...), et la mort de mon père, tandis que ma mère se plaignait et se plaignit après la mort de mon père, que je n'étais pas assez souvent là...
Mis à part cette collègue qui m'avait prise en grippe, on ne pouvait me taxer de "mauvaises relations avec les autres", au contraire!
J'ai fait récemment des tests de développement personnel, il paraît que j'aurais du être psychologue ou psychiatre, mais prof de collège et de langue était aussi dans mes cordes. Toutes ces personnes qui m'avaient prise comme confidente étaient plus âgée que moi. J'avais 25 ans et elles avaient entre 31 et 38 ans.
Le médecin m'a mise brutalement en congé en février 1982, à l'époque, j'ai assumé le congé. Ce n'était pas la même chose, je ne passais pas l'agrégation. Je ne savais pas que j'étais assez bonne pour le faire. J'aurais dû.
J'avais repris des cours en école de musique en tant qu'élève en 1978, je pensais que peut-être j'aurais pu devenir prof de guitare ou chanteuse. Mais je n'avais encore le niveau pour le faire, maintenant je n'ai plus l'âge.
Au bout d'un an j'ai repris comme prof d'allemand dans un collège (1983-1984), en ville, avec une population plus défavorisée encore.
dominique

2007/2008 (TZR)

Cette année rien, une vulgaire histoire de paperboard m'a opposée à ma principale en Mai de l'année dernière. Encore un agent de service a pris la mouche, cette fois-ci un ouvrier.
J'ai fini l'année en juin. Fin juin, j'ai aidé pour le jumelage du primaire. J'ai fait l'interprète pour des excursions des petits allemands.
Cette année pas de remplacements jusqu'ici Avril. Ma principale m'a proprement mise dehors en septembre, je n'allais pas faire 70 kilomètres AR tous les jours pour aller pointer en salle des profs dans mon collège de rattachement, m'a-t-elle dit.
J'en profite pour préparer pour la ènième fois l'agrégation. A presque 57 ans. Quelle piètre fin de carrière pour une ancienne jury de BTS...
Mais enfin, je m'instruis beaucoup et j'ai de super profs. Je deviens peu à peu incollable en traduction et en linguistique. Le reste, c'est un nouveau programme chaque année, on peut utiliser la culture allemande que donne quinze préparations d'agrégation, mais il paraît que l'agrégation ne serait plus un examen d'érudition, comme à l'époque où l'on a fait ses études.
dominique