Je suis donc entrée en septembre 1965 en 2nde C.
On m'avait dit de travailler les langues pendant les vacances, ce que j'ai fait, mais on avait oublié de dire que sur 37 élèves environ, nous n'étions que 3 à n'avoir jamais fait de physique-chimie.
J'aurais du rattrapé la physique-chimie pendant les vacances, mais on ne me l'avait pas dit.
Les deux autres élèves étaient amies entre elle, et le père de l'une était professeur de mathématiques, elles ont toutes les deux travaillé la physique-chimie avec son père et ses frères plus vieux. Je n'ai bénéficié d'aucune aide. Mes parents n'avaient pas fait d'études secondaires et ne pouvaient pas m'aider.
Si bien que je devais tout rattraper en quelques semaines. C'était très dur, la prof de physique chimie s'acharnait sur moi. Car comme j'étais bonne en mathématiques, je devais devenir bonne en physique-chimie.
Et je voulais être professeur d'allemand, déjà depuis la 4ème. En 2A les filles avaient 5 heures d'allemand pour celles qui ne faisaient plus de latin et nous seulement 3. J'ai envoyé ma mère demander le changement de classe pour aller en 2 A (liitéraire). On a fait des difficultés pour que je change de classe :"Oui, mais elle est bonne en mathématiques !".
Mais j'ai réussi quand même à changer de classe et à avoir l'asssitante allemande pendant 2 heures supplémentaires d'allemand.
Donc, à l'entrée du 2nd trimestre de seconde, j'étais en 2 A (littéraire).
En 2A j'ai tout de suite été bonne en physique-chimie, les autres étaient comme moi, et n'en avait pas fait avant.
Je suis redevenue bonne en français en 1ère et j'ai eu le 1er accessit (3ème de la classe).
J'ai commencé à jouer de la guitare en février 1968 en Terminale, soit à l'âge de 16 ans et demi. J'apprenais en autodidacte, on se passait des bons plans (des accords, etc..) entre copines.
J'ai eu mon bac en 1968. On a dit que c'était une mauvaise année de bac à cause des évènements, mais j'avais été en classe jusqu'en début juin, car on ne faisais pas grève dans les écoles privées.
En Terminale, j'avais quitté l'institution de Centre Ville, car tous les seconds cycles privés de la ville, soit trois, avaient fusionné pour ne former qu'un seul second cycle. Dans ma classe on était 40 élèves. Cette institution, qui ensuite, quelques années après la fin de mes études secondaires, est devenue mixte (c'est à dire a eu filles et garçons) a été classée depuis plusieurs fois en haut du palmarès des lycées performants du Nord-Pas-de-Calais.
J'ai eu mon baccalauréat en 1968, à la première session (il y avait une session en septembre). Avec mention Assez Bien et environ 13 de moyenne à 17 ans et un mois. Pour les élèves qui venaient des écoles privés le baccalauréat de 68 était plus difficile à obtenir que pour ceux du public, car les professeurs qui interrogeaient au baccalauréat venaient, contrairement à aujourd'hui tous du public et il existait un certain anticléricalisme qui faisaient que l'on considérait les élèves des écoles privées comme "moins bons". Cette année-là, nous n'avons pas bénéficié de l'anonymat de la correction des copie, car on passait tout le bac à l'oral : six oraux en une journée. Il fallait pouvoir tenir jusqu'au bout. J'ai eu une moins bonne note en mathématiques (c'était mon option obligatoire) que celle que j'aurais pu obtenir à l'écrit, car on m'a expédiée en 5mn de préparation et 3mn de passage en disant "C'est bien, vous avez réussi".
Et je n'ai eu que 14/20 au lieu des 16 à 20/20 que j'avais habituellement. J'avais tout bon, mais on m'a dit "Ce n'est pas la peine de faire les autres exercices, car c'est bien".
Dans la classe nous étions 40 et il n'y avait eu que 7 mentions en juin, et c'était pourtant une très
bonne classe. Donc, j'étais dans les 7 premières du baccalauréat pour ma classe, alors que j'avais un moins bon classement dans l'année. Comme il y avait eu une mention Très Bien et deux mentions Bien, j'étais entre 4ème et 7ème de la classe au baccalauréat.
Donc, le baccalauréat de 68 n'atait pas aussi facile que cela. Il fallait passer le cap de "l'examen d'entrée en 6ème" pour entrer en 6ème et on n'y présentait que les meilleurs élèves des écoles primaires. Il fallait passer le cap de l'entrée en seconde qui se faisait aussi sur un examen, différent du Brevet des Collèges. Avoir une bonne moyenne en 3ème ne suffisait pas. Dans mon institution, il fallait avoir jusqu'en Terminale 12/20 de moyenne annuelle pour monter de classe.

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